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Production Maintenance n°71

PRÉVENTION DES RISQUES

PRÉVENTION DES RISQUES / HSE SOLUTION Un outil numérique d’aide au classement des zones Atex Afin d’aider les industriels à mener à bien leurs démarches d’identification et l’évaluation des zones Atec, le Centre national de prévention et de protection (CNPP) a lancé en juin dernier une solution numérique. La réglementation (articles R4227-42 à 54 du Code du travail) impose la réalisation d’une évaluation du risque explosion. Cette évaluation nécessite en premier lieu d’identifier et de dimensionner les zones dites Atex. Afin d’accompagner les industriels dans cette démarche, le CNPP a développé une solution numérique d’aide au classement des zones Atex (Z0, Z1, Z2) associées aux liquides et aux gaz inflammables. Class’Atex est une solution simple et automatique développée sur Microsoft Excel. Cette automatisation des calculs nécessaires au classement des zones Atex gaz/vapeurs repose sur les principes de la norme NF EN 60079-10-1 et l’expérience des consultants experts de CNPP dans le domaine de l’évaluation et de la maîtrise du risque Atex. Class’Atex propose ainsi une base de données de plus de 200 produits, issue des normes NF EN ISO/IESC 80079-20-1 et pouvant être complétée par l’utilisateur, un formalisme conçu pour être directement exploitable dans le cadre de la démarche d’évaluation du risque explosion de l’entreprise, un suivi facilité des zones Atex de votre établissement ainsi qu’une mise à jour facilitée du classement des dites zones ● TRIBUNE Départs de feu en maintenance : quelques réflexions L’auteur de ces lignes a encore le souvenir de la période déjà lointaine où, jeune ingénieur débutant, il apprit la maintenance dans une très grande usine chimique de la proche banlieue parisienne. Celle-ci fabriquait de multiples produits pour la santé humaine et animale, l’agronomie et de grands intermédiaires pour produits finis. Entre les fabrications et les stocks, il y avait en son sein de quoi provoquer des sinistres majeurs : explosions, incendies, intoxications. Rien de tout cela n’arriva. Gérard Neyret Ingénieur ECP et membre de l’Afim Dans cette usine régnait une double hiérarchie : les chimistes, qui s’occupaient de la production, et les ingénieurs, qui réalisaient les installations et avaient en charge leur bon fonctionnement. Le relations entre ces deux hiérarchies n’étaient pas simples ; mais elles avaient toutes deux un point commun : un souci extrême de la sécurité. Leur maître-mot était le même que celui des industries électriques d’alors : « Sécurité d’abord, à n’importe quel prix ! » 56ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°71 • octobre-novembre-décembre 2020

PRÉVENTION DES RISQUES / HSE Une telle approche recevait un total support de la haute Direction, qui à l’époque n’était pas dirigée par des financiers, mais par des gens de métier parfaitement au courant des enjeux. Et bien entendu, des syndicats, via un actif Comité Hygiène et Sécurité (CHS). Bien des évolutions ont eu lieu depuis ces temps reculés, mais ce grand principe est éternel : il se doit d’être toujours respecté. LES PRINCIPES DE BASE L’actualité récente a montré les ravages et conséquences considérables d’incendies ou d’explosions initiés par des départs de feu lors d’opérations de maintenance, que ce soit dans des installations industrielles, des entrepôts, des moyens de transport, des utilités ou des bâtiments, notamment ceux accessibles au public. Les réflexions suivantes se limiteront aux départs de feu lors d’opérations de maintenance (un cas de plus en plus fréquent), et à parler de quelques causes et de quelques précautions élémentaires pour éviter, ou au moins réduire un tel risque. Celui-ci ne se limite pas aux zones ATEX ni aux établissements classés Seveso, mais va jusqu’à des bâtiments historiques (Notre-Dame en Avril 2019, St Donatien de Nantes en Juin 2015, Hôtel de Lambert à Paris en Juillet 2013, château de Lunéville en Janvier 2004, cathédrale de Nantes en Juin 1972…). C’est en effet à son départ qu’un feu est le plus facile à éteindre ! La remarque principale est que pour éviter ce risque, il ne saurait être question de faire des économies de bouts de chandelle, tels que réduire les effectifs chargés d’en faire la prévention ou les moyens préventifs. Le but est en effet d’éviter d’initier des catastrophes dont le coût et les conséquences sont d’un tout autre ordre de grandeur que les soi-disant économies réalisées. La caractéristique d’un départ de feu lors d’une opération de maintenance, comme en d’autres circonstances, est la plupart du temps celui d’une survenue très discrète, dans un endroit où l’attention est rarement attirée. Ceci appelle à une surveillance, où l’œil doit traîner partout, pour éviter le moment où il est trop tard ! Il convient d’appliquer le principe donné pendant la guerre aux pilotes de chasse de la RAF avant un combat aérien : « C’est celui que vous n’aurez pas vu qui vous descendra ! » (ref. Clostermann dans « Le Grand Cirque »). Le futur résidera peutêtre dans la détection immédiate de départs de feu par caméras panoramiques à infra-rouge ? Le cheminement d’une opération de maintenance sûre reste donc le même que celui autrefois appliqué dans l’usine chimique citée dans le prélude. Il implique avant tout l’implication du service en charge de la sécurité à toutes les étapes de son déroulement. Avant l’opération, après en avoir fixé la date, une préparation minutieuse s’impose : le service chargé de l’exploitation se doit de livrer une installation propre et débarrassée de tout ce qui pourrait être cause de sinistre. Après inspection des lieux par le service sécurité, il signe une autorisation de travail engageant sa responsabilité, accompagnée si nécessaire d’un permis de feu. De son côté le service chargé de la maintenance prépare ce qui est nécessaire à l’opération : outillage, équipements de protection, produits, pièces, etc. Il s’assure en particulier que l’outillage est en parfaite condition pour un fonctionnement sûr. En accord avec l’exploitant, il procède aux consignations d’équipements nécessaires. Pendant toute l’exécution des travaux, le service Sécurité assure la présence permanente d’un pompier d’usine, à proximité immédiate, équipé du matériel permettant d’agir immédiatement, notamment en cas de départ de feu (en général, avec un extincteur de grande capacité) © iStock À la fin des travaux, l’installation est restituée au service exploitant par le service ayant exécuté les travaux, après avoir procédé aux déconsignations, effectué en sa présence les essais, enlevé et rangé l’outillage et laissé une place propre, un document signé des deux parties signifiant à la fois l’acceptation de l’exploitant et le PRODUCTION MAINTENANCE • N°71 • octobre-novembre-décembre 2020 ı57

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