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Production Maintenance n°71

PRÉVENTION DES RISQUES

PRÉVENTION DES RISQUES / HSE ANALYSE Tout ce qu’il faut savoir sur les zones Atex En amont de la journée technique Atex du 17 novembre, Production Maintenance est allé à la rencontre de Florian Marc de l’INRS afin de faire le point sur les atmosphères explosives et leurs nombreux risques encore trop souvent négligés et méconnus des entreprises. Florian Marc Ingénieur chimiste, Florian Marc participe en tant que membre du comité d’organisation de la journée technique Atex du 17 novembre prochain (voir article précédent). Il occupe le poste de chef de projet du logiciel Seirich et spécialiste depuis dix ans de la prévention des risques incendie et explosion au sein de l’INRS. La journée technique Atex organisée à Paris le 17 novembre prochain et uniquement accessible en ligne met le doigt sur un problème persistant en France (et pas seulement puisque dans d’autres pays ces questions se posent aussi) : celui de la méconnaissance latente des entreprises en matière d’atmosphère explosive, d’identification et de maîtrise des risques pour leurs collaborateurs, leur outil de production et l’ensemble de l’usine. Co-organisateur de la journée, Florian Marc insiste sur le fait que cette journée, bien que technique, est bien réservée à toutes les entreprises et non à des spécialistes de la question Atex. MAIS QU’EST-CE QU’UNE ATEX EXACTEMENT ? « Pour faire simple, une Atex est une zone dans laquelle se forme un volume de gaz, de vapeur ou de poussières en suspensions dans l’air et en concentration suffisante pour pouvoir exploser en cas de présence d’une source d’inflammation », définit Florian Marc. Plus précisément, ces gaz ou vapeurs correspondent par exemple à des solvants, de l’éthanol, à de l’essence ou encore à des gaz acétylène sur les postes de soudage sans oublier l’hydrogène...Quant aux poussières, il peut s’agir des poussières de bois, de farine ou de sucre qu’on trouve dans le secteur agroalimentaire mais également des poussières issues du travail des métaux ou des matières plastiques. QUELLE RÉGLEMENTATION ENCADRE LES ZONES ATEX ? En Europe, chaque pays applique la directive européenne qu’il adapte en fonction de son code du travail. En France, cette Au programme de cette journée, et en ouverture de la conférence, un retour sur les généralités réglementaires ainsi que les démarches de prévention des risques à adopter dans le domaine des atmosphères explosives, suivis de la maîtrise du risque d’explosion portant notamment sur les sources d’inflammation, l’électricité statique et les systèmes de protection des équipements. L’après-midi, la journée se poursuivra avec des conférences portant sur l’organisation de la prévention des risques en entreprise pour enfin s’achever sur des retours d’expérience et un point sur les risques Atex dans les nouvelles technologies. © VEOLIA 54ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°71 • octobre-novembre-décembre 2020

PRÉVENTION DES RISQUES / HSE concernés, l’INRS jouent sur les deux tableaux : l’explosion et la toxicité des substances inhalées, « ce qui nous permet de mieux faire passer le message auprès de tous les salariés et des employeurs ». Il est à noter aussi que l’explosion se propage et remonte parfois en amont et en aval de l’équipement s’il n’est pas protégé. « Récemment, nous sommes intervenus sur un dépoussiéreur ; contre toute attente, l’explosion est finalement remontée dans l’ensemble des tuyaux et a fait exploser le toit de l’usine ». QUELLES MESURES ADOPTER ? réglementation (codifiée notamment par les articles R-4227-42 à R-4227-54 du Code du travail) s’impose à l’employeur, lequel doit impérativement appliquer l’évaluation des risques et tout faire pour les réduire et les maîtriser. En d’autres termes, il doit empêcher la formation des Atex et, dans le cas où ce n’est pas possible, éviter leur inflammation et limiter les conséquences d’une explosion. Depuis 1999, et malgré de multiples accidents industriels survenus en France à l’exemple de l’explosion d’un silo à Strasbourg en 2018 ou encore l’incendie à Lubrizol, la réglementation n’a tellement pas évolué. « Cette absence d’évolution n’est pas anormale dans la mesure où cette question est plutôt bien encadrée par la loi, rectifie Florian Marc. Le problème vient plutôt du manque de prise de conscience de la part des industriels et d’une réelle méconnaissance en la matière. » À QUELS DANGERS LES OPÉRATEURS SONT-ILS CONFRONTÉS ? Pour Florian Marc, ils sont multiples. Il s’agit bien évidemment de l’explosion causant de nombreux accidents et des brûlures. Mais les dangers sont également liés à la destruction des moyens de production et des effets indirects sur les salariés et sur l’activité en raison du traumatisme et des dégâts importants causés par les incendies qui suivent bien souvent la déflagration. Le spécialiste de l’INRS précise aussi que « les combustibles ne présentent pas seulement un risque d’explosion puisque dans 99% des cas, ils se montrent également toxiques et présentent des dangers pour la santé des personnes se trouvant dans la zone ». C’est pourquoi lorsqu’il intervient sur les sites ©ACROTIR L’important de fonctionner étape par étape. La première consiste à bien identifier l’ensemble des produits combustibles utilisés dans l’entreprise. Et certains sont moins évidents que d’autres, à l’exemple des chariots électriques et des batteries au plomb qui, lorsqu’elles sont en charge, dégagent de l’hydrogène. En deuxième lieu, il s’agit de bien connaître ses procédés de production et ses équipements, leur fonctionnement et les dysfonctionnements qu’ils peuvent rencontrer afin d’avoir une analyse plus pertinente. Celle-ci est en effet nécessaire pour déterminer le zonage Atex afin de mieux prendre en compte les combustibles réellement présents dans l’usine et pouvant s’échapper en cas de dysfonctionnement prévisible dans le processus de production. Troisième étape, capter à la source les émissions de combustibles ; il s’agit par exemple de vider un sac de poussière pouvant provoquer une atmosphère explosive dans une zone protégée et loin des opérateurs. « En d’autres termes, il de déporter le risque Atex loin du salarié et de déterminer une zone Atex – liée aux poussières par exemple – en protégeant l’équipement contre l’explosion grâce à des évents qui redirigent les flux en cas d’explosion. Enfin, on installe uniquement du matériel certifié Atex à l’intérieur de ladite zone. » FAUT-IL ABSOLUMENT EMBAUCHER UN RESPONSABLE QHSE ? C’est déjà le cas dans les grandes entreprises mais pour les plus petites, c’est difficilement envisageable. Lorsque ce n’est pas possible financièrement, la meilleure alternative est de se faire accompagner mais pas aveuglément. Il faut bien avoir à l’esprit que l’employeur est toujours le responsable en cas d’accident même s’il sous-traite la prévention des risques de son entreprise. Il est essentiel pour lui de s’approprier le contenu afin de mieux le maîtriser. Cela évite aussi pour lui d’être dépendant des prestataires extérieurs au moment des mises à jour. Des organismes comme l’INRS ou l’Ineris proposent des accompagnements parfaitement adaptés ● Olivier Guillon PRODUCTION MAINTENANCE • N°71 • octobre-novembre-décembre 2020 ı55

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